Sables
Voici un petit texte qui présente une situation de départ au bord de la mer. La suite c'est à vous de l'écrire. La partie commentaire est réservée à cela. Quand vous écrivez votre chapitre, terminez en ouvrant le champ des possibilités pour celle ou celui qui poursuivra après vous.
Peut-être cela fera-t-il un joli petit texte à afficher lors du Festival en novembre prochain...

Le petit pont de bois qui permettait de traverser la dune depuis le parking se laissait recouvrir par le sable. Les vents qui parcouraient la côte ramenaient sur les planchettes quelques monticules, comme si la dune cherchait à occuper de sa substance fine un intrus posé là contre son gré. Au loin, la mer lançait son chant de vagues et d'écume qui se terminait en silence sur le rivage avant qu'une autre lame ne le reprenne dans une suite infinie que même la nuit n'arrivait pas à interrompre.
Quand Tony déposa son véhicule sur le parking, il était déjà cinq heures de l'après-midi. La plage était déserte, au moins dans la partie qu'il pouvait apercevoir dans son champ de vision.
A peine eut-il posé le pied sur le petit pont qu'il sentit que cette soirée ne serait pas comme les autres. Une étrange sensation. Quelque chose qui dit que, pour une fois, la vie offrira autre chose que son habituel ennui...
Commentaires
Christian le 11/05/2008 à 17:58:31
Tony aimait par dessus tout cet endroit. Il s'y souvenait de ses premiers amours d'adolescent, des amis qu'il avait perdu de vue, des rires, de l'insouciance qui rythmait alors sa vie.
Il avait fixé ici le lieu du rendez-vous un peu par dérision, un peu comme s'il était chez lui. Il le savait : la plage n'allait pas tarder à se vider de ses derniers estivants desoeuvrés, et alors....
Mamadou le 12/05/2008 à 21:47:16
Alors... C'est souvent quand on n'espère rien de particulier que le destin accélère le cours des choses. Mais, pour le moment, alors qu'il venait de franchir le petit pont de bois, il assistait au lent rapatriement des derniers baigneurs vers le parking. Un couple de jeunes amants (Tony estimait leur âge autour des vingt ans) continuait de s'embrasser tout en marchant, se délectant de leurs lèvres. Ils ne s'aperçurent même pas de la présence de Tony quand ils passèrent à côté de lui. Puis venant de la gauche, une vieille dame apparut, accompagnée d'un petit chien qui avait des difficultés à avancer dans le sable.
- Allez Titou, lui disait sa maîtresse, quand tu seras sur le pont ce sera plus facile. Tu dormiras dans la voiture. Allez Titou, encore un petit effort." Et le dénommé Titou, regaillardi par les paroles encourageantes de la vieille dame, réussit enfin à atteindre le pont dont les planchettes de bois solides et stables furent accueillies comme une délivrance.
Dans les minutes qui suivirent, quelques estivants rejoignirent à leur tour le parking.
Les derniers bruits de moteur disparurent après le virage quelques centaines de mètres plus loin. Tony était maintenant seul. Devant lui la mer qui poursuivait son dialogue interminable avec le sable. Derrière, le pont et le parking sur lequel il n'y avait plus qu'un seul véhicule : le sien. Une dizaine de minutes s'écoulèrent ainsi, donnant à chaque seconde un sentiment d'éternité.
C'est alors qu'il aperçut, débouchant du virage, un 4X4 bleu roulant à petit allure. Les vitres teintées ne permettaient pas de distinguer le conducteur (ou la conductrice). A cet instant, il se demanda si, à vouloir jouer avec la dérision, il n'avait pas dépasser la limite qui sépare les lois chanceuses du jeu de hasard de l'inconscience aveuglante qui fait tourner au désastre. De toute façon, il était trop tard. Il n'y avait qu'une seule route pour sortir de ce parking, celle d'où venait le 4X4 bleu. Si ce véhicule était bien conduit par la personne qu'il attendait, alors il n'avait plus qu'à assumer vaille que vaille ce destin qu'il avait voulu forcer.
Le 4X4 se gara justement à côté de sa voiture. Le moteur s'éteignit et la porte côté chauffeur s'ouvrit...
Pris le 26/06/2008 à 22:54:38
De la voiture descendit un vieil homme. Tony sentit le rythme de son coeur s'accélérer, il attendait ce moment depuis si longtemps. Ses yeux croisèrent le regard profond et bleu du vieilllard. Ce regard témoignait du temps passé, de nombreuses rides entouraient ces deux yeux à peine entrouverts, éblouis par le soleil couchant. Aucun doute, c'était bien lui, Tony venait de retrouver son père.
Mamadou le 28/06/2008 à 18:53:07
- Papa ? C’est toi ?
- Oui.
Ils se regardèrent de longues minutes à chercher sur le visage de l’autre quelque chose qui aurait rappelé un élément du passé, de ce temps où un père encore présent s’occupait de son fils. Pas un sourire. Juste deux yeux qui en fixent deux autres comme des interrogations muettes, des échos lointains, comme des sources qui se ravivent soudain rendant possible ce qui apparaissait telle une utopie.
- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Tony, on se balade sur la plage… comme autrefois.
- Si tu veux mon fils.
- Cette fois je te préviens, je ne courrai pas de long en large sur la plage. J’ai passé l’âge.
- Je ne te le demanderai pas. Et puis je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire toi et moi. Tu as dû me détester. Je le comprendrais bien. Si tu me détestes vraiment, que tu saches au moins pourquoi.
Tony attendait cet instant depuis de très longues années. Son père avait disparu corps et biens, sans explications. Dans sa tête d’enfant, il avait décidé qu’il ne serait jamais père, car un père ça abandonne les gosses. C’est ainsi qu’il avait ruiné les plus beaux amours de sa vie, sans qu’il ne sache vraiment comment et pourquoi. La fille était folle de lui, jusqu’au jour où elle lui demandait qu’ils fassent un gamin. Non, répondait-il, sans en savoir la raison. C’est en voyant son père, là, maintenant sur la plage, qu’il comprenait enfin l’inexplicable.
- Raconte-moi ce qui s’est passé. J’ai besoin de savoir.
Ils marchaient tous deux lentement sur le sable. L’océan et le vent inventaient une musique rien pour eux, rien que pour donner à l’histoire d’un vieil homme une sonorité authentique qui lui permettrait de tout dire, sans omettre le moindre détail…
- Tony, si je suis parti, tu n’en es pas la cause. Il s’est passé un événement important la veille de ton premier anniversaire, grave pour les uns, essentiel pour d’autres comme moi. Après cela il m’était impossible de rester. J'ai hésité trois années encore. Après ça n'était plus tenable...
Commentaires
Christian le 11/05/2008 à 17:58:31Tony aimait par dessus tout cet endroit. Il s'y souvenait de ses premiers amours d'adolescent, des amis qu'il avait perdu de vue, des rires, de l'insouciance qui rythmait alors sa vie.
Il avait fixé ici le lieu du rendez-vous un peu par dérision, un peu comme s'il était chez lui. Il le savait : la plage n'allait pas tarder à se vider de ses derniers estivants desoeuvrés, et alors....
Mamadou le 12/05/2008 à 21:47:16
Alors... C'est souvent quand on n'espère rien de particulier que le destin accélère le cours des choses. Mais, pour le moment, alors qu'il venait de franchir le petit pont de bois, il assistait au lent rapatriement des derniers baigneurs vers le parking. Un couple de jeunes amants (Tony estimait leur âge autour des vingt ans) continuait de s'embrasser tout en marchant, se délectant de leurs lèvres. Ils ne s'aperçurent même pas de la présence de Tony quand ils passèrent à côté de lui. Puis venant de la gauche, une vieille dame apparut, accompagnée d'un petit chien qui avait des difficultés à avancer dans le sable.
- Allez Titou, lui disait sa maîtresse, quand tu seras sur le pont ce sera plus facile. Tu dormiras dans la voiture. Allez Titou, encore un petit effort." Et le dénommé Titou, regaillardi par les paroles encourageantes de la vieille dame, réussit enfin à atteindre le pont dont les planchettes de bois solides et stables furent accueillies comme une délivrance.
Dans les minutes qui suivirent, quelques estivants rejoignirent à leur tour le parking.
Les derniers bruits de moteur disparurent après le virage quelques centaines de mètres plus loin. Tony était maintenant seul. Devant lui la mer qui poursuivait son dialogue interminable avec le sable. Derrière, le pont et le parking sur lequel il n'y avait plus qu'un seul véhicule : le sien. Une dizaine de minutes s'écoulèrent ainsi, donnant à chaque seconde un sentiment d'éternité.
C'est alors qu'il aperçut, débouchant du virage, un 4X4 bleu roulant à petit allure. Les vitres teintées ne permettaient pas de distinguer le conducteur (ou la conductrice). A cet instant, il se demanda si, à vouloir jouer avec la dérision, il n'avait pas dépasser la limite qui sépare les lois chanceuses du jeu de hasard de l'inconscience aveuglante qui fait tourner au désastre. De toute façon, il était trop tard. Il n'y avait qu'une seule route pour sortir de ce parking, celle d'où venait le 4X4 bleu. Si ce véhicule était bien conduit par la personne qu'il attendait, alors il n'avait plus qu'à assumer vaille que vaille ce destin qu'il avait voulu forcer.
Le 4X4 se gara justement à côté de sa voiture. Le moteur s'éteignit et la porte côté chauffeur s'ouvrit...
Pris le 26/06/2008 à 22:54:38
De la voiture descendit un vieil homme. Tony sentit le rythme de son coeur s'accélérer, il attendait ce moment depuis si longtemps. Ses yeux croisèrent le regard profond et bleu du vieilllard. Ce regard témoignait du temps passé, de nombreuses rides entouraient ces deux yeux à peine entrouverts, éblouis par le soleil couchant. Aucun doute, c'était bien lui, Tony venait de retrouver son père.
Mamadou le 28/06/2008 à 18:53:07
- Papa ? C’est toi ?
- Oui.
Ils se regardèrent de longues minutes à chercher sur le visage de l’autre quelque chose qui aurait rappelé un élément du passé, de ce temps où un père encore présent s’occupait de son fils. Pas un sourire. Juste deux yeux qui en fixent deux autres comme des interrogations muettes, des échos lointains, comme des sources qui se ravivent soudain rendant possible ce qui apparaissait telle une utopie.
- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Tony, on se balade sur la plage… comme autrefois.
- Si tu veux mon fils.
- Cette fois je te préviens, je ne courrai pas de long en large sur la plage. J’ai passé l’âge.
- Je ne te le demanderai pas. Et puis je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire toi et moi. Tu as dû me détester. Je le comprendrais bien. Si tu me détestes vraiment, que tu saches au moins pourquoi.
Tony attendait cet instant depuis de très longues années. Son père avait disparu corps et biens, sans explications. Dans sa tête d’enfant, il avait décidé qu’il ne serait jamais père, car un père ça abandonne les gosses. C’est ainsi qu’il avait ruiné les plus beaux amours de sa vie, sans qu’il ne sache vraiment comment et pourquoi. La fille était folle de lui, jusqu’au jour où elle lui demandait qu’ils fassent un gamin. Non, répondait-il, sans en savoir la raison. C’est en voyant son père, là, maintenant sur la plage, qu’il comprenait enfin l’inexplicable.
- Raconte-moi ce qui s’est passé. J’ai besoin de savoir.
Ils marchaient tous deux lentement sur le sable. L’océan et le vent inventaient une musique rien pour eux, rien que pour donner à l’histoire d’un vieil homme une sonorité authentique qui lui permettrait de tout dire, sans omettre le moindre détail…
- Tony, si je suis parti, tu n’en es pas la cause. Il s’est passé un événement important la veille de ton premier anniversaire, grave pour les uns, essentiel pour d’autres comme moi. Après cela il m’était impossible de rester. J'ai hésité trois années encore. Après ça n'était plus tenable...