Festival de la Plaine

Festival de la Plaine

Compagnie les Aligotés "Perdus de rue"

 

Ouverture des rideaux : un décor extérieur ville, des panneaux de rues et d'avenues aux noms étranges qui déjà donnent le ton de l'absurde, et au centre un totem d'une compagnie de bus avec affichés à hauteur d'homme ce qu'on devine comme des horaires, juste à côté un banc dont on devine qu'il deviendra le centre de beaucoup de rencontres.

Un titre, un décor : déjà on a compris, nous sommes partis pour un très bon moment de rire et d'intelligence.

Et, quand on a déjà vu des spectacles de l'atelier amateur du Rocher des Doms à Talant dirigé par Pierre Yanelli, quand on sait que les Aligotés , ce sont les mêmes en indépendants, coachés toujours par le même Pierre Yanelli, d'emblée on sait que cela aura de l'allure.

Effectivement, "Perdus de rue" tient bien la route qu'on appellera ici la rue.

 

L'absurde des liens entre les humains ici sur les trottoirs de la ville atteint des sommets d'humour jusqu'à l'horreur même, mais une horreur dont on se délecte comme on peut se délecter de l'irrévérence.  Tout est juste et très bien joué. Et quand les comédiens  se rassemblent au final pour observer un type imaginaire pour lequel ils seront encore aussi odieux, on se dit que c'est trop tôt, qu'on en aurait voulu encore, comme des enfants mal élevés (ça fait du bien parfois de le penser) qui ne veulent pas que cela finisse, qui veulent rester dans le plaisir de l'incorrection : encore de cette femme qui s'est perdue toute seule et qui ne se retrouve pas, encore de ce professeur et de son étudiante qui s'aiment à se haïr, encore de ces gens qui ne savent pas s'écouter, encore de cette femme à 1271 € heureuse jusqu'à ne plus se supporter, encore de ces autres qui font un éloge de la bêtise, encore...

un peu comme pour lâcher ce qu'on a en soi de la colère et de l'absurde inversé que nous connaissons tous les jours.

 

Car l'air de rien, derrière l'humour corrosif des situations, une petite voix nous dit que l'absurde n'est pas ce que nous voyons sur scène mais son inverse réel que nous vivons jusqu'à parfois la plus terrible des horreurs sans pouvoir en rire. En cela, la pièce est très bien vue. Les échos de la réalité reviennent en permanence. Des verbes aussi : aimer, exister, oser dire, vivre quoi, le plus crûment du monde. Être en somme tout entier.

 

Cette superbe pièce sera présentée lors du Festival de la Plaine 2012.

 



04/05/2012
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