Festival de la Plaine

Festival de la Plaine

Escales de Saint-Nazaire 2011 / Trois concerts

 

20 ans d'Escales / Concert de Gilberto Gil

Vendredi 5 août 2001 / Scène du Parc des Expositions

 

Les portes des Escales se sont ouvertes à 18 heures pour des concerts dont les premiers auront lieu à 19 heures. De scène en scène, on entend les balances des premiers groupes qui joueront.

Sur la grande Scène du Parc des Expositions, c'est Gilberto Gil en personne avec ses musiciens qui effectuent les derniers réglages. Il est en bermuda et en tee-shirt, simplement. Comme s'il n'y avait personne devant  eux. 

 

Gilberto Gil lors de la séance de balance aux Escales de St-Nazaire 2011

 

Ils auraient pu passer incognito mais certains spectateurs par l'oreille, attirés, s'approchent. Oh surprise ! Ils découvrent le musicien en personne et non ses techniciens comme souvent. Et les spectateurs arrivent encore, et restent scotchés devant la grande scène. De plus en plus nombreux. Ils sont bientôt plusieurs centaines, voire un peu plus à danser puis à applaudir chacun des morceaux interprêtés. Gilberto Gil joue le jeu comme si c'était le véritable concert. Moment inattendu et merveilleux à la fois. ça swingue et ça balance (dans les deux sens du terme : pour le réglage des musiciens, et pour le public ravi d'être là). Le musicien sourit de cet accueil imprévu et joue avec les gens présents. Des signes de la main. Une discussion avec un spectateur brésilien. Une sorte de fête entre amis, beaucoup d'amis. Nous sommes au Festival des Escales. C'est aussi cela son esprit. Cette simplicité étonnante d'être là où on ne serait pas ailleurs, là où ce n'est pas prévu.

 

Après la journée pluvieuse, le soleil de fin de soirée s'est levé au grand plaisir de tous, comme si la musique du Brésil avait agi sur le ciel.

 

Un peu plus d'une heure et demie après, on retrouve les mêmes et on recommence. Cette fois-ci Gilberto Gil a son costume de scène, tout de blanc vêtu. Il entraîne les spectateurs dans un voyage musical au Nordeste brésilien sur les traces du baïao, musique généreuse et dansante créée par Luis Gonzaga, l'accordéoniste chanteur.

 

Gilberto Gil aux Escales de Saint-Nazaire 2011

 

Avec Gilberto Gil, on y ajoute la guitare électrique, le violon qui sonne d'ailleurs parfois très celtique (il faut dire que le jeune musicien est un breton pur sucre parti vivre au Brésil), la basse, la batterie et les percussions. Souvent l'artiste raconte le Brésil, dans un français parfait, ce pays qu'il connaît si bien, lui le musicien de Bahia, lui l'ancien ministre de la culture du Président Lula (il n'en fait d'ailleurs aucune allusion, mais tout le monde le sait, de quoi se réconcilier avec la politique). Il est imposant et simple à la fois, communie avec les gens.

Pendant une heure et demie, il propose une musique de soleil qui chasse les derniers nuages. Une musique de voyage en escale dans un port breton. Lors du rappel, le groupe lance "Toda menina baiana", à la plus grande joie des spectateurs qui reprennent en choeur "Deus deu Deus da" et ce refrain familier "A a a a... O o o o"

 

Gilberto Gil "Toda menina baiana"

 

 

La samba électrique, aux sonorités presque rock , fait danser l'immense foule qui ondule commme des vagues. Des drapeaux brésiliens flottent dans l'air ici et là. Gilberto Gil s'excuse presque d'avoir à stopper le concert pour laisser la place à Femi Kuti and the Positive Forces. Après le baiao et la samba du Brésil, place à l'Afrobeat du Nigéria. Le voyage continue, d'un continent à l'autre, toujours en escale.

 

 

 

Concert de GOTAN PROJECT

Samedi 6 août 2011 / Scène du parc des Expositions

 

La nuit est tombée depuis plusieurs heures sur le port de Saint-Nazaire.

A minuit, le tango électrique de Gotan Project s'empare de la grande Scène du Parc des Expositions. Avec l'élégance et le visuel soigné qu'on leur connaît, le voyage musical argentin prend une dimension grandiose. Swing jazzy et intensité qui donne le frisson. L'esthétique raffinée laisse imaginer un véhicule d'époque devant une boîte de Buenos-Aires où le tango s'incarne dans un couple dansant, épaules relevées, sensuel et inarrêtable. Dans la nuit nazairienne, l'imaginaire déambule dans une Argentine électrojazz  dont les basses et la rythmique appuyée posent la cadence. Il y a un côté dandy joueur avec ce plaisir évident d'être là devant ces milliers de spectateurs. Un plaisir partagé par cette foule nombreuse dont les corps balancent.

Le tango de Gotan Project est irrésistible.

 

Gotan Project "La Revancha del Tango"

 

Gotan Project aux Escales de Saint-Nazaire 2011

(Sur la fin de cette vidéo, on entend le concert de Shantel and the Bucovina Club Orkestar tandis que la caméra filme des projections filmées sur un mur)

 

 

Concert de Stromae

Samedi 6 août 2011 / Scène du Port

 

 

 

Dans l'ambiance festive des Escales, au milieu de sonorités sourdes venant des autres scènes (entre Manu Dibango sur la grande Scène du parc des Expositions), la foule se presse vers les quais du port de pêche, là où Stromae va se produire. Plus d'une demi-heure d'attente pour avoir la bonne place, au plus près. Tandis que les techniciens installent et effectuent les balances, on sent que ce concert a déjà son public. Tous âges, mais surtout de nombreux jeunes  pour lesquels ce sera LE concert de la soirée.

Pas de doute, quand Stromae se présente, la méche s'allume aussitôt et le public s'enflamme.

"Bienvenue chez moi" annonce l'artiste comme le titre d'une de ses chansons. Et c'est parti pour un show d'électro-house survolté aux basses surpuissantes à faire palpiter les coeurs (au sens propre comme au sens figuré).

Stromae joue avec son public dans une pseudo religion de pacotille, en fait un hommage à la musique. Il le fait danser ou sauter, lever les mains. C'est comme un ersatz de messe sans Dieu, mais avec un maître qui joue à l'être sans vraiment y croire. "Alors on danse". Alors on chante sous les lasers. Le jeune homme au noeud papillon aux airs de faux enfant sage ou de BCBG décalé balance les mots de sa poésie slammée "en overprose jusqu'à ce qu'ils deviennent des rêves". Il parle de la Belgique son pays déchiré, joue du Arno remixé house. "Putain. Putain"

C'est un spectacle hyperprofessionnel avec beaucoup de connivence. "Et quand c'est fini"..."alors on recommence". Une dernière fois ensemble. Puis chacun repart sautillant vers d'autres scènes, vers d'autres concerts, avec les rythmes entêtants de Stromae dans la tête.

 



Découvrez Dernier voyage musical aux Escales 2011 avec Stromae sur Culturebox !

 

 

Stromae "House'llelujah" (Clip officiel)

 

Quelques images des Escales dont le final de Stromae



14/10/2011
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