Festival de la Plaine

Festival de la Plaine

Festival de la Plaine 2022, au moment d'un dernier regard

Festival  de la Plaine 2022,

au moment d’un dernier regard

 

 

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Dimanche 23 octobre. 20h45.

 

 

Un dernier regard devant la salle vide et rangée de l’Espace de Rencontre et de Loisirs de Barges. On croirait qu’il ne s’est rien passé à cet endroit.

 

Mais cet étrange silence laisse percer quelque voix fantomatiques, des images embrouillées qui traînent ici et là, comme le souvenir d’une présence toute proche :

 

Deux musiciennes délurées transformant une scène en un espace ludique où chansons et musiques jouent avec le public, le font chanter et vibrer comme dans une joyeuse cour d ‘école.

 

Un saltimbanque alsacien qui révèle le talent caché d’enfants quand le spectacle venu de la scène  surgit d’un coup de la salle pour une histoire aux multiples personnages.

 

De vaillants survivalistes qui se combattent pour un paquet de papier-toilette dans le brouillard et la tempête sur fond de films catastrophe et d’une parodie de réalité qui, elle, n’avait rien de drôle.

 

Un couple captivant et émouvant dans leur drôle de vie, du coup de foudre dans une bibliothèque à une mort dont ils se jouent.

 

Des fantômes d’écrivains qui reviennent évoquer  la mer, l’océan, avec un auteur du présent, dans des mots qui font ressurgir ceux d’un public auteur à sa façon. Une jeune poétesse aux fulgurances inattendues.

 

Une bande d’amis dans un jeu où toute vérité n’est pas bonne à dire. Double facette du vrai et du caché, des vérités à ne pas dire.

 

Un détective, Georges McJingle et sa secrétaire, Julie, nés de la volonté d’un public dans une intrigue policière où ce même public a décidé qu’une belle-mère serait kidnappée et qu’un arrosoir bleu percé à paillettes et un certain Kevin Plazza viendraient jouer les trouble-fête. Une histoire d’un jour comme on ne la reverra jamais plus.

 

Des artistes peintres, une dessinatrice dont les oeuvres font écho au profond de soi. Un miroir de l'intériorité humaine. 

 

Des bénévoles inépuisables qui arpentent la salle de sa mise en place à son rangement, en passant par leur présence à la table de billetterie, à la buvette, la cuisine...

« Fabrice, deux croûtes !!! »

…à la régie son et lumière, tous les petits à-côtés qui font qu’un festival puisse se dérouler comme si c’était une chose facile à faire, qu’un artiste ou un spectateur puisse se dire  qu’ici, il y a forcément une place pour lui.

 

 

Ces spectateurs justement, sourire aux lèvres, qui viennent et reviennent, un peu comme des amis qu'on a plaisir à revoir encore pour une fête qui ne veut pas finir. 

 

 

 

 

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Oui, maintenant la salle est vide mais elle reste hantée par tout cela. Elle en est belle à regarder. Elle invite à fermer les yeux une dernière fois devant elle, puis à rêvasser face aux bruits et aux musiques qu’on entend encore mais qui ne sont plus là, aux rires et  aux voix qui résonnent toujours même si ils restent dans la discrétion du silence.  

 

Un dernier regard encore, les yeux ouverts. Puis on tourne le bouton de l’interrupteur. On ferme la porte à clé. Les voitures démarrent sur le parking déserté et éteint. Après l’orage de l’après-midi, la nuit est maintenant étoilée, comme un dernier clin d’œil à la lumière radieuse qui a éclairé l’espace de Rencontre et de Loisirs pendant trois jours.

 

C’est bizarre, on est un peu triste mais surtout on est heureux. Car, oui, le bonheur passe par des moments comme ceux-là, dans cette vague de vie qui fait que des gens se retrouvent, prennent du plaisir ensemble, laissent éclater leurs émotions au grand jour dans l’élan, l’imperfection et la fièvre.

 

Le Festival de la Plaine 2022 s’est achevé

mais pourtant, il reste là, présent, 

comme un parfum qu’on hume encore après la nuit.

 

 

 

 

Affiche avec Logos.jpg

 



24/10/2022
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